DPGF ou BPU : différences et méthode de remplissage

Artisans et entreprises du BTP (TPE/PME), chargés d'affaires, économistes

Publié le 28 octobre 2026, 15 min de lecture

Dans un appel d'offres de travaux, le cadre financier est la pièce la plus contrôlée de votre offre : une ligne oubliée, une quantité modifiée ou une cellule écrasée suffit à rendre l'offre irrégulière. Encore faut-il savoir si vous remplissez une DPGF (prix global et forfaitaire) ou un BPU accompagné d'un DQE (prix unitaires), car le risque sur les quantités n'est pas du tout le même. Cet article explique les différences, la méthode de remplissage pas à pas et les contrôles à faire avant dépôt, avec un exemple chiffré.

En bref

  • La DPGF détaille un prix forfaitaire : vous êtes payé le prix global, quelles que soient les quantités réellement exécutées.
  • Le BPU fixe des prix unitaires appliqués aux quantités réellement exécutées ; le DQE multiplie ces prix par des quantités estimées pour comparer les offres, sans valeur contractuelle en principe.
  • Au forfait, l'entreprise porte l'essentiel du risque sur les quantités, surtout si le CCAP ou le RC lui impose de les vérifier ; aux prix unitaires, ce risque reste du côté de l'acheteur.
  • Ne modifiez jamais le cadre (lignes, quantités, formules) sauf si le RC l'autorise : la jurisprudence considère une telle modification comme une irrégularité.
  • Chaque prix doit pouvoir être justifié par un sous-détail : déboursés, frais généraux, marge.
  • Avant dépôt, contrôlez : lignes vides, totaux, TVA, arrondis, cohérence avec le CCTP, PSE et tranches.

Définitions : DPGF, BPU, DQE

Document Nom complet Forme du prix Rôle Valeur contractuelle
DPGF Décomposition du prix global et forfaitaire Forfait Détailler comment se compose le prix global : postes, unités, quantités, prix unitaires, totaux En principe non contractuelle, sauf stipulation contraire du CCAP ; le prix global l'est
BPU Bordereau des prix unitaires Prix unitaires Fixer le prix de chaque unité d'ouvrage (m², ml, U, h) Contractuel : ce sont les prix qui seront appliqués
DQE Détail quantitatif estimatif Prix unitaires Simuler une commande pour comparer les offres (quantités estimées × prix du BPU) En principe non contractuel

Deux autres termes reviennent souvent :

  • Le sous-détail de prix : la justification d'un prix unitaire par ses composantes (main-d'œuvre, matériaux, matériel, frais généraux, marge). Le CCAG Travaux 2021 en prévoit le contenu.
  • Le marché mixte : un même marché peut combiner un forfait (par exemple les installations de chantier) et des prix unitaires (par exemple les reprises de supports).

Prix global et forfaitaire ou prix unitaires : ce que dit le droit

L'article R2112-6 du Code de la commande publique pose la distinction :

  • les prix unitaires sont « appliqués aux quantités réellement livrées ou exécutées » ;
  • les prix forfaitaires sont « appliqués à tout ou partie du marché, quelles que soient les quantités livrées ou exécutées ».

Le CCAG Travaux 2021 (article 9) précise :

  • un prix forfaitaire rémunère un ouvrage ou un ensemble de prestations défini, expressément qualifié de forfaitaire ou non répétable ;
  • un prix unitaire s'applique à une nature d'ouvrage dont les quantités ne sont indiquées qu'à titre évaluatif ;
  • les prix sont réputés comprendre toutes les dépenses résultant de l'exécution des travaux, y compris les frais généraux, impôts et taxes, et une marge pour risques et bénéfice, ainsi que les sujétions normalement prévisibles ;
  • pour un forfait, la décomposition prend la forme d'un détail évaluatif (quantité et prix unitaire par élément, avec les pourcentages de frais généraux, impôts et marge) ;
  • pour un prix unitaire, le sous-détail présente les déboursés (salaires, matériaux, matériel), puis les frais généraux et impôts en pourcentage de ces déboursés, et la marge en pourcentage de l'ensemble ;
  • si la décomposition ou le sous-détail manque, l'acheteur peut en exiger la production par ordre de service, dans un délai d'au moins vingt jours.

Vérifiez dans le CCAP si votre marché se réfère au CCAG Travaux 2021 et s'il y déroge : ce sont les clauses du CCAP qui priment.

En pratique, qui utilise quoi ?

  • DPGF : travaux neufs ou de réhabilitation dont l'ouvrage est entièrement défini par des plans et un CCTP (un lot ITE, une couverture, un lot plâtrerie d'un groupe scolaire).
  • BPU + DQE : accords-cadres à bons de commande et marchés d'entretien où les quantités ne sont pas connues à l'avance (entretien de logements, petites réparations de voirie, remplacement de menuiseries à la demande).

Qui porte le risque des quantités

C'est la différence qui compte le plus pour votre trésorerie.

Situation Marché au forfait (DPGF) Marché à prix unitaires (BPU)
Les quantités réelles sont supérieures à l'estimation Vous êtes payé le forfait ; le surplus est à votre charge, sauf faute de l'acheteur dans la définition du besoin ou travaux supplémentaires ordonnés Vous êtes payé sur les quantités réellement exécutées
Les quantités réelles sont inférieures Le forfait reste dû pour l'ouvrage défini ; des déductions sont possibles si vous vous étiez engagé sur une volumétrie Vous êtes payé moins
Une prestation nécessaire n'est pas dans le cadre Elle est en principe réputée comprise si elle était nécessaire à l'ouvrage forfaitaire ; les prestations nouvelles relèvent des prix nouveaux Prix nouveau à négocier
Une erreur de métré du maître d'œuvre Indemnisation difficile : il faut prouver une faute de l'acheteur ou du maître d'œuvre Sans conséquence directe, vous êtes payé au réel

Plusieurs décisions récentes rappellent la logique :

  • lorsque le CCAP impose au candidat de vérifier les quantités, une erreur non détectée peut être retenue comme une faute qui réduit son droit à indemnisation (CAA Lyon, 30 janvier 2025, n° 23LY03969, avec partage de responsabilité avec le maître d'œuvre) ;
  • pour obtenir réparation dans un marché à forfait, le titulaire doit prouver une faute du maître d'ouvrage dans la définition de ses besoins ou une erreur de métré du maître d'œuvre (CAA Lyon, 25 mai 2023, n° 21LY02528) ;
  • dans un marché au forfait, l'indemnisation peut être difficile quand l'estimation des quantités reposait sur le soumissionnaire (CAA Marseille, 23 janvier 2023, n° 21MA04418).

Conclusion : au forfait, les quantités de la DPGF ne vous protègent pas. Ce qui vous engage, c'est l'ouvrage décrit par les plans et le CCTP.

Remplir le cadre sans le modifier

L'acheteur doit pouvoir comparer toutes les offres ligne à ligne. La jurisprudence est constante : la trame de la DPGF doit être respectée (CAA Nantes, 6 juillet 2017, n° 16NT01702).

Ce que vous pouvez faire

  • Saisir un prix unitaire dans chaque cellule prévue à cet effet.
  • Indiquer « compris » ou « 0,00 » sur une ligne réellement incluse dans une autre, si le RC le permet, et le préciser dans le mémoire. Un prix à zéro non expliqué peut être interprété comme une ligne non chiffrée.
  • Ajouter des lignes uniquement dans les zones prévues (« prestations complémentaires proposées par l'entreprise ») et lorsque le RC l'autorise. Les prestations ajoutées doivent alors être chiffrées : les mentionner dans le seul mémoire technique ne suffit pas (TA Lille, 10 juillet 2025, n° 2505793).

Ce que vous ne devez pas faire

  • Modifier les quantités fixées par l'acheteur. La CAA de Lyon (16 janvier 2025, n° 23LY03563) a confirmé le rejet d'une offre dont les quantités de la DPGF avaient été changées, l'acheteur restant seul responsable de l'évaluation de son besoin. À l'inverse, modifier des quantités indicatives n'est pas irrégulier si les documents de la consultation l'autorisent (CAA Bordeaux, 5 mai 2021, n° 19BX00259). Tout dépend donc du RC et du CCAP.
  • Supprimer ou fusionner des lignes.
  • Laisser une ligne vide. La même décision de la CAA de Lyon a retenu comme incomplète une offre qui n'avait pas chiffré une rubrique, même présentée comme éventuelle dans le CCTP. Le TA de Lille (2025) a jugé qu'une offre omettant 82 prix sur 423 pouvait être écartée.
  • Changer le format : si le RC exige le fichier Excel fourni, un PDF peut entraîner le rejet (TA Montpellier, 2020).
  • Renvoyer à une annexe ou à votre devis au lieu de remplir le cadre (CAA Versailles, 2023).
  • Modifier les formules du tableur, ou coller des valeurs par-dessus.

Méthode de saisie recommandée

  1. Faites une copie de travail du fichier de l'acheteur et ne touchez jamais à l'original.
  2. Chiffrez dans votre propre outil (tableur interne ou logiciel de chiffrage), poste par poste.
  3. Reportez uniquement les prix unitaires HT dans les cellules prévues, en valeur et non en formule liée à un autre fichier.
  4. Laissez les formules de l'acheteur calculer les totaux, puis recalculez vous-même le total à part pour vérifier.
  5. Enregistrez dans le format demandé, avec le nom de fichier demandé.

Contrôler les quantités

Même quand vous n'avez pas le droit de modifier les quantités, vous devez les vérifier : c'est votre risque au forfait.

La méthode

  1. Refaites les métrés principaux à partir des plans et coupes : surfaces de façade, linéaires de tableaux, nombre d'appuis, surfaces de combles.
  2. Comparez ligne par ligne avec la DPGF. Concentrez-vous sur les 20 % de lignes qui représentent environ 80 % du montant.
  3. Classez les écarts : moins de 3 % (tolérance de métré), de 3 à 10 % (à signaler), plus de 10 % (à questionner impérativement).
  4. Posez une question écrite sur la plateforme, avant la date limite des questions, en citant la ligne, la quantité de la DPGF et votre quantité.
  5. Adaptez selon la réponse et selon ce que permet le RC : corriger la quantité si c'est autorisé, sinon conserver la quantité de l'acheteur et intégrer le risque dans votre prix unitaire si vous l'estimez justifié, en le signalant dans le mémoire technique.

Exemple de contrôle

Ligne DPGF Unité Quantité DPGF Votre métré Écart Action
Échafaudage de pied m² 620 640 +3,2 % Signaler
ITE PSE graphite 120 mm sous enduit mince m² 540 576 +6,7 % Question écrite
Traitement des tableaux et voussures ml 310 302 −2,6 % Tolérance
Appuis de fenêtre aluminium U 62 64 +2 U Question écrite (comptage précis)

Sur la ligne ITE, 36 m² non rémunérés au prix du système complet de la bibliothèque Devimo (isolant 71,42 € + sous-enduit armé 29,93 € + finition 32,70 €, soit 134,05 € HT/m²) représentent 4 825,80 € HT, soit plus de 4 % du lot de l'exemple ci-dessous : c'est souvent plus que la marge nette de l'opération.

Construire le prix par le sous-détail

Un prix unitaire n'est pas un chiffre « du marché » recopié : c'est la somme de vos coûts, majorée de vos frais et de votre marge. Le sous-détail suit la structure du CCAG :

  1. Déboursés secs : main-d'œuvre (temps unitaire × coût horaire chargé), matériaux (quantité avec pertes × prix d'achat), matériel.
  2. Frais généraux en pourcentage des déboursés : encadrement, véhicules, assurances, locaux, administratif.
  3. Bénéfice et aléas en pourcentage de l'ensemble.

Exemple de sous-détail pour 1 m² d'isolation thermique par l'extérieur en PSE graphite 120 mm collé et chevillé : c'est le poste 12.030 de la bibliothèque de prix Devimo 2026 (version 2026-v3), en référence nationale (zone 1,00). Le sous-enduit armé et la finition font l'objet de postes distincts (12.070 et 12.090).

Composante Calcul Montant HT
Main-d'œuvre 0,58 h × 36,00 €/h (façadier ITE, déboursé chargé) 20,88 €
Fournitures isolant, colle, chevilles, pertes incluses 30,21 €
Matériel petit matériel et consommables 1,60 €
Déboursé sec 52,69 €
Frais de chantier 5 % 52,69 × 0,05 2,63 €
Frais généraux 14 % 52,69 × 0,14 7,38 €
Aléas 3 % 52,69 × 0,03 1,58 €
Sous-total 52,69 × 1,22 64,28 €
Marge 10 % du prix de vente 64,28 ÷ 0,90 − 64,28 7,14 €
Prix unitaire de vente HT 52,69 × 1,3556 71,42 €

Le coefficient de vente est ici K = (1 + 0,05 + 0,14 + 0,03) ÷ (1 − 0,10) = 1,22 ÷ 0,90 = 1,3556. Les frais de chantier, frais généraux et aléas sont exprimés sur le déboursé sec, la marge sur le prix de vente. Ce prix s'entend en zone 1,00 : la bibliothèque applique ensuite un coefficient de zone selon le département (1,04 dans le Rhône, soit 74,28 € HT/m² ; 1,14 à Paris, soit 81,42 € HT/m²). Remplacez ensuite le taux horaire, les prix d'achat et les pourcentages par ceux de votre entreprise : voyez nos articles sur le taux horaire et sur le coefficient de vente. Gardez ce sous-détail : l'acheteur peut le demander pour justifier une offre jugée anormalement basse, et le maître d'œuvre en a besoin pour négocier les prix nouveaux en cours de chantier.

Vérifier la cohérence avec le CCTP

Le cadre financier et le CCTP doivent raconter le même ouvrage. Pour chaque ligne :

  • la désignation correspond-elle à un article du CCTP ? Notez la référence de l'article à côté de votre prix dans votre fichier de travail ;
  • les performances sont-elles celles du CCTP ? Épaisseur et résistance thermique de l'isolant, classement de réaction au feu, épaisseur de zinc, type d'enduit. La CAA de Lyon (2025, n° 23LY03563) a confirmé le rejet d'une offre prévoyant un zinc de 0,65 mm au lieu des 0,70 mm exigés : une différence minime ne suffit pas, et un DTU ne prévaut pas sur le CCTP ;
  • les prestations du CCTP absentes du cadre (protection des ouvrages, nettoyage, dossier des ouvrages exécutés, essais) : au forfait, elles sont réputées comprises. Répartissez leur coût dans les lignes existantes ou dans l'installation de chantier, et posez une question si leur montant est significatif ;
  • les PSE et tranches optionnelles ont-elles leur propre cadre ? Chiffrez-les toutes.

Exemple chiffré complet

Une DPGF de lot ITE (marché au forfait)

Exemple pour un lot d'isolation par l'extérieur d'un bâtiment public. Les prix unitaires sont ceux de la bibliothèque de prix Devimo 2026 (version 2026-v3), en référence nationale (zone 1,00), avant application de vos propres paramètres et du coefficient de zone.

N° Code Devimo Désignation Unité Quantité PU HT Total HT
1 00.020 Installation et repli de chantier (chantier moyen) Ens 1 4 538,40 4 538,40
2 14.210 Échafaudage multidirectionnel, forfait 90 jours tout compris m² 620 18,49 11 463,80
3 12.010 Préparation du support de façade : lavage haute pression et rebouchage m² 540 13,51 7 295,40
4 12.030 ITE PSE graphite 120 mm collé et chevillé m² 540 71,42 38 566,80
5 12.070 Sous-enduit armé de fibre de verre, ép. 5 mm m² 540 29,93 16 162,20
6 12.090 Enduit de finition organique taloché 2 mm m² 540 32,70 17 658,00
7 12.120 Traitement des tableaux de baie avec isolant 20 mm ml 310 45,95 14 244,50
8 12.130 Bavettes aluminium laqué sur appuis, développé 25 cm (62 appuis × 1,20 ml) ml 74,40 51,92 3 862,85
9 12.100 Profilés de départ aluminium avec goutte d'eau ml 180 20,84 3 751,20
10 00.360 Nettoyage et remise en état des abords en fin de chantier Ens 1 776,73 776,73
Total HT 118 319,88
TVA 20 % 23 663,98
Total TTC 141 983,86

Vérification : 4 538,40 + 11 463,80 + 7 295,40 + 38 566,80 + 16 162,20 + 17 658,00 + 14 244,50 + 3 862,85 + 3 751,20 + 776,73 = 118 319,88 € HT.

Dans un vrai dossier, reprenez exactement les lignes, les unités et les quantités du cadre de l'acheteur : si la DPGF compte les appuis à l'unité, convertissez votre prix au mètre linéaire en prix unitaire par appui dans votre fichier de travail, sans modifier le cadre.

Le taux de TVA dépend de la nature des travaux et du local : 20 % pour un bâtiment public non affecté au logement, mais des taux réduits peuvent s'appliquer à des travaux dans des logements achevés depuis plus de deux ans. Appliquez le taux indiqué par l'acheteur dans le cadre, et posez une question s'il vous paraît erroné.

Un BPU et son DQE (accord-cadre à bons de commande)

Exemple pour un accord-cadre de petits travaux de façade, avec les prix de la bibliothèque Devimo 2026 (zone 1,00).

N° Code Devimo Désignation Unité PU HT (BPU) Quantité estimée (DQE) Total DQE HT
1 14.500 Échafaudage de pied, forfait 15 jours tout compris m² 13,49 400 5 396,00
2 14.675 Échafaudage, location à la semaine au-delà du forfait m²/semaine 0,50 1 200 600,00
3 13.705 Réparation ponctuelle d'enduit : purge, rebouchage et raccord m² 38,15 150 5 722,50
4 13.090 Traitement de fissure par ouverture, pontage et armature ml 32,49 300 9 747,00
5 13.070 Peinture de façade pliolite, deux couches sur fond durci m² 17,22 800 13 776,00
Total DQE HT 35 241,50

Ce total ne vous engage pas : c'est un outil de notation. Ce sont les prix du BPU qui s'appliqueront aux bons de commande. D'où deux réflexes :

  • soignez chaque prix du BPU, y compris ceux dont la quantité estimée est faible : un prix sous-évalué sur une ligne « rare » peut devenir la ligne la plus commandée ;
  • vérifiez la cohérence BPU / DQE : beaucoup de RC prévoient qu'en cas de discordance, le prix du BPU prévaut, le DQE est rectifié et le candidat est invité à confirmer son offre (clause validée par le TA de Grenoble, 7 juillet 2023, n° 2303979). Sans clause de ce type, l'acheteur ne peut pas réécrire seul votre offre.

L'effet des arrondis

Si votre sous-détail donne 71,4242 € (52,69 × 1,22 ÷ 0,90) et que la cellule affiche 71,42 € sans arrondir la valeur, le tableur multiplie la valeur complète. L'acheteur, qui recalcule avec le prix affiché, trouve un autre total :

Calcul Prix utilisé Quantité Total
Votre fichier (valeur non arrondie) 71,4242 540 38 569,08
Recalcul de l'acheteur (prix affiché) 71,42 540 38 566,80
Écart 2,28 €

L'écart est faible, mais il crée une discordance entre le prix unitaire et le total. Arrondissez toujours le prix unitaire à deux décimales dans la valeur (fonction ARRONDI), pas seulement dans l'affichage.

Les erreurs qui font rejeter l'offre

Erreur Conséquence possible Comment l'éviter
Quantité modifiée sans autorisation Offre irrégulière Lire le RC ; questionner l'acheteur
Ligne non chiffrée Offre incomplète, donc irrégulière Filtre « cellules vides » avant dépôt
Ligne ou colonne supprimée, cadre réorganisé Offres non comparables, irrégularité Travailler sur une copie, reporter les prix seulement
Format non conforme (PDF au lieu d'Excel) Rejet possible Respecter le format et le nom de fichier imposés
Total TTC identique au total HT Erreur matérielle rectifiable seulement si elle est flagrante Vérifier la ligne TVA
Taux de TVA erroné Demande de précision, voire classement faussé Contrôler le taux indiqué par l'acheteur
Discordance prix unitaire / total Rectification seulement si le RC le prévoit Arrondir les valeurs, recalculer
Prix à zéro non expliqué Assimilé à une ligne non chiffrée Écrire « compris dans la ligne n° X » si autorisé
Prestation ajoutée seulement dans le mémoire Non prise en compte, offre incomplète La chiffrer dans le cadre si le RC le permet
Performance inférieure au CCTP Offre non conforme Croiser chaque ligne avec l'article du CCTP
PSE ou tranche optionnelle non chiffrée Offre incomplète Lister toutes les PSE et tranches du RC
Prix très bas sur une ligne Demande de justification (offre anormalement basse) Conserver le sous-détail

Sur les erreurs matérielles, la frontière est étroite. Le juge admet la rectification d'une erreur « d'une nature telle que nul ne pourrait s'en prévaloir de bonne foi » (Conseil d'État, 21 septembre 2011, n° 349149), par exemple un total TTC recopié du HT, ou un total rectifié par la somme des postes de la DPGF. Mais un prix trois fois trop bas ou des dizaines de prix manquants ne sont pas des erreurs matérielles. La régularisation des offres irrégulières reste une simple faculté de l'acheteur (article R2152-2) : ne comptez jamais dessus.

Checklist avant dépôt

  • J'ai identifié la forme du prix : forfait (DPGF), prix unitaires (BPU + DQE) ou mixte.
  • J'ai lu dans le RC et le CCAP si je peux modifier les quantités et ajouter des lignes.
  • J'ai refait les métrés des lignes principales et posé mes questions avant la date limite des questions.
  • Chaque prix unitaire vient d'un sous-détail conservé dans mon dossier.
  • Chaque ligne correspond à un article du CCTP, avec les performances exigées.
  • Aucune cellule de prix n'est vide ; les « compris » sont autorisés et expliqués.
  • Je n'ai modifié ni ligne, ni quantité, ni formule, ni mise en page du cadre.
  • Les prix unitaires sont arrondis à deux décimales dans la valeur.
  • J'ai recalculé le total HT à part et il correspond au cadre.
  • La TVA est au bon taux et le TTC est cohérent.
  • Les PSE et tranches optionnelles sont chiffrées dans leur propre cadre.
  • Le montant du cadre est identique à celui de l'acte d'engagement ou de l'ATTRI1.
  • Le fichier est au format et au nom demandés.

Comment Devimo vous aide

Devimo est conçu pour la partie chiffrage d'une réponse à appel d'offres. Vous déposez le règlement de consultation, le CCTP et la DPGF (en PDF ou en image) : Devimo repère les postes dans le CCTP et la DPGF, puis vous chiffrez poste par poste en sélectionnant les ouvrages dans la bibliothèque de prix 2026 en sous-détail, en appliquant vos propres taux horaires et coefficients. Vous gardez ainsi la justification de chaque prix, utile en cas de demande sur une offre anormalement basse. Le report final dans le cadre de l'acheteur, le contrôle des quantités et la relecture restent sous votre responsabilité : le chiffrage généré est un document de travail. Découvrir le chiffrage d'appel d'offres avec Devimo.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre une DPGF et un BPU ?

La DPGF décompose un prix forfaitaire : vous êtes payé le prix global, quelles que soient les quantités réellement exécutées. Le BPU fixe des prix unitaires appliqués aux quantités réellement exécutées, généralement dans un accord-cadre à bons de commande. Le risque sur les quantités pèse donc surtout sur l'entreprise au forfait et sur l'acheteur aux prix unitaires.

Le DQE est-il contractuel ?

En principe non. Le DQE est une simulation de commande servant à comparer les offres : les quantités sont estimatives et le total n'engage ni l'acheteur ni l'entreprise. Les prix du BPU, eux, sont contractuels.

La DPGF est-elle contractuelle ?

En principe, la DPGF est dépourvue de valeur contractuelle sauf stipulation contraire du CCAP ; c'est le prix global forfaitaire qui engage. Mais le CCAP peut la rendre contractuelle. Lisez la liste des pièces contractuelles et leur ordre de priorité.

Puis-je modifier les quantités d'une DPGF si je les trouve fausses ?

Seulement si le RC ou le CCAP l'autorise. Sinon, la modification rend l'offre irrégulière (CAA Lyon, 16 janvier 2025, n° 23LY03563). Posez une question écrite à l'acheteur avant la date limite des questions, et signalez l'écart dans votre mémoire technique.

Que se passe-t-il si j'oublie une ligne ?

Votre offre peut être jugée incomplète, donc irrégulière, et écartée. L'acheteur peut proposer une régularisation à tous les candidats concernés, mais il n'y est pas obligé, et il ne peut pas compléter lui-même votre offre.

Dois-je fournir un sous-détail de prix avec mon offre ?

Seulement si le RC le demande. En revanche, préparez-le toujours : l'acheteur peut vous le demander pour justifier un prix anormalement bas, et le CCAG Travaux 2021 permet au maître d'ouvrage d'en exiger la production en cours de marché.

Comment éviter les erreurs d'arrondi ?

Arrondissez les prix unitaires à deux décimales dans la valeur de la cellule (fonction ARRONDI), et non dans le seul format d'affichage. Recalculez ensuite le total à part et comparez-le au total du cadre.

Quel taux de TVA indiquer dans le cadre ?

Celui qui correspond à la nature des travaux et du local, généralement indiqué par l'acheteur : 20 % pour la plupart des bâtiments publics, des taux réduits de 10 % ou 5,5 % pouvant s'appliquer à certains travaux dans des logements achevés depuis plus de deux ans. En cas de doute, posez la question.

Pour aller plus loin

Sources

Article à jour au 28 octobre 2026. Les informations réglementaires et fiscales sont données à titre indicatif : les textes officiels (Légifrance, BOFiP, service-public.fr) font foi, et les prix cités sont des prix de référence hors taxes, à adapter à chaque chantier.

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