Comment calculer son taux horaire d'artisan BTP

Professionnels du BTP (artisans, TPE, chefs d'entreprise)

Publié le 28 octobre 2026, 15 min de lecture

Beaucoup d'artisans fixent leur taux horaire en regardant celui du concurrent. Un taux horaire juste se calcule à partir de vos propres chiffres : les heures que vous facturez vraiment, ce que coûte un salarié du bâtiment une fois la caisse de congés payés et les intempéries comptées, vos frais de structure et la marge dont l'entreprise a besoin. Cet article déroule la méthode complète, avec deux exemples chiffrés : un compagnon salarié et un chef d'entreprise qui travaille seul.

En bref

  • Le point de départ, ce sont les heures réellement facturables, et non les 1 607 heures théoriques. Après congés, jours fériés, intempéries, trajets et tâches administratives, il reste souvent 1 300 à 1 400 heures par compagnon, et beaucoup moins pour un dirigeant seul.
  • Dans le BTP, les congés payés des ouvriers sont versés par la caisse CIBTP. L'employeur paie une cotisation d'environ 20 % des salaires (20,20 % affichés par la CIBTP Île-de-France en avril 2026).
  • Le déboursé horaire rassemble le salaire, les charges patronales, la caisse de congés, les cotisations intempéries et OPPBTP et les indemnités de déplacement, le tout divisé par les heures facturables.
  • On y ajoute ensuite les frais généraux (véhicules, assurances, comptable, local, dirigeant non productif) répartis par heure, puis la marge.
  • Avec des hypothèses réalistes en 2026, un compagnon payé 14,50 € brut de l'heure coûte environ 27 € de l'heure facturable et se vend autour de 48 à 50 € HT. Un artisan seul visant 30 000 € de revenu net arrive vers 60 € HT de l'heure.
  • Refaites ce calcul chaque année (SMIC, taux de cotisations, barèmes de la caisse) et comparez-le à vos heures réelles de fin de chantier.

1. Les heures réellement facturables

L'erreur la plus courante consiste à diviser les coûts par 1 607 heures (35 heures × 52 semaines, moins les congés et les jours fériés), comme si chaque heure payée était passée sur le chantier et facturée au client.

Partir de l'année civile

En 2026, l'année compte 261 jours du lundi au vendredi. Sur les 11 jours fériés nationaux, deux tombent un week-end : l'Assomption (samedi 15 août) et la Toussaint (dimanche 1er novembre). Il reste donc 9 jours fériés en semaine, à retirer des jours travaillés. La journée de solidarité, souvent fixée au lundi de Pentecôte, dépend de l'organisation choisie dans votre entreprise. Vérifiez votre propre calendrier.

Les congés payés gérés par la caisse

Dans le bâtiment, les ouvriers acquièrent 2,5 jours ouvrables de congé par mois, soit 30 jours ouvrables (5 semaines) par an. La période de référence court du 1er avril au 31 mars. Ces 5 semaines correspondent à 25 jours ouvrés d'absence. Les indemnités de congés ne sont pas versées par l'employeur : c'est la caisse CIBTP de votre région qui les paie au salarié, avec une prime de vacances de 30 % de l'indemnité sous condition d'heures travaillées. En contrepartie, l'employeur paie une cotisation sur les salaires (voir partie 2). Pour le calcul des heures, retenez que ces 25 jours ne sont ni travaillés ni facturés.

Les intempéries

Le régime du chômage intempéries indemnise les arrêts de chantier dus au gel, à la neige, à la pluie, au vent ou à la canicule. Le salarié reçoit 75 % de son salaire horaire, après une heure de carence, dans la limite de 9 heures par jour, 45 heures par semaine et 55 jours par an. Vous avancez cette indemnité et la caisse vous en rembourse une partie si votre masse salariale dépasse l'abattement annuel. Le nombre de jours perdus varie selon le métier et la région : prenez votre moyenne des trois dernières années.

Le temps qui n'est pas facturable

Une fois les absences retirées, toutes les heures de présence ne sont pas facturables pour autant. Comptez aussi :

  • le chargement du matériel au dépôt et les trajets non refacturés ;
  • les passages chez le fournisseur ;
  • le rangement, le nettoyage du véhicule, l'entretien de l'outillage ;
  • les réunions de chantier, l'accueil sécurité, les formations obligatoires ;
  • les reprises et SAV non facturés ;

Pour un compagnon, une perte de 8 à 12 % des heures de présence est un ordre de grandeur courant. Pour un dirigeant qui travaille aussi sur le chantier, la part non facturable est beaucoup plus forte : devis, métrés, appels d'offres, commandes, facturation, relances et rendez-vous clients prennent facilement un quart de son temps, souvent davantage.

Tableau type : un compagnon à 35 heures en 2026

Poste Jours Heures (7 h/jour)
Jours du lundi au vendredi en 2026 261 1 827
Jours fériés en semaine − 9 − 63
Congés payés (5 semaines) − 25 − 175
Intempéries (moyenne retenue) − 5 − 35
Maladie, formation, absences diverses − 3 − 21
Heures de présence 219 1 533
Temps non facturable (10 %) − 153
Heures facturables 1 380

Ces 1 380 heures servent de base à l'exemple de la partie 5. Si vos salariés font 39 heures par semaine, refaites le tableau avec les heures supplémentaires et leurs majorations : le coût augmente, mais le nombre d'heures aussi.

2. Le coût salarial d'un ouvrier du bâtiment

Le salaire brut

Le salaire de base dépend de la classification de la convention collective des ouvriers du bâtiment (niveaux I à IV, coefficients 150 à 270) et des minima régionaux, négociés région par région. Aucun salaire ne peut être inférieur au SMIC, qui est de 12,02 € brut de l'heure au 1er janvier 2026, puis de 12,31 € depuis la revalorisation du 1er juin 2026. Vérifiez la grille de votre région auprès de votre fédération (FFB ou CAPEB) : les minima des premiers niveaux sont souvent très proches du SMIC.

Le brut annuel à retenir pour le taux horaire comprend :

  • les heures de présence × le taux horaire brut ;
  • les jours fériés chômés et payés ;
  • les indemnités intempéries que vous avancez (75 % du salaire, moins la part remboursée par la caisse) ;
  • les primes éventuelles (13e mois, prime d'outillage, ancienneté).

Les congés payés ne figurent pas dans ce brut, puisque la caisse les verse directement.

Les charges patronales : des ordres de grandeur, pas un taux unique

Il n'existe pas de taux de charges patronales unique pour un ouvrier du BTP. Le coût réel dépend du niveau de salaire, de l'effectif et du code risque accident du travail. Voici les principaux éléments en vigueur en 2026 :

Cotisation Taux employeur 2026 Remarque
Assurance maladie 13 % Ensemble du salaire
Vieillesse plafonnée / déplafonnée 8,55 % / 2,11 % Plafond SS : 4 005 €/mois
Allocations familiales 5,25 % Taux réduit supprimé au 1er janvier 2026
Assurance chômage + AGS 4 % + 0,25 %
Retraite complémentaire Agirc-Arrco + CEG (tranche 1) 4,72 % + 1,29 %
FNAL, CSA, dialogue social 0,10 % (moins de 50 salariés), 0,30 %, 0,16 %
Accident du travail, gros œuvre (45.2BE) 7,39 % Taux collectif 2026, hors Alsace-Moselle
Accident du travail, isolation et finitions (45.4LE) 6,16 %
Accident du travail, couverture (45.2JD) 8,73 %
Accident du travail, plomberie, génie climatique, électricité (45.3AF) 3,77 %

S'y ajoutent les cotisations propres au BTP :

  • Caisse de congés payés (CIBTP) : 20,20 % des salaires bruts selon la page des taux de la CIBTP Île-de-France d'avril 2026. Le taux exact varie d'une caisse régionale à l'autre : reprenez celui de votre appel de cotisations.
  • Chômage intempéries (campagne du 1er avril 2026 au 31 mars 2027) : 0,68 % pour le gros œuvre et les travaux publics, 0,13 % pour le second œuvre, calculé sur la masse salariale diminuée d'un abattement annuel de 96 168 €. En dessous de cet abattement, vous ne cotisez pas, mais vous ne serez pas non plus remboursé des indemnités versées.
  • OPPBTP : 0,11 % des salaires bruts, appliqué sur une assiette majorée (coefficient 1,1314 selon la CIBTP).
  • La prévoyance conventionnelle et la formation professionnelle, dont les taux dépendent de votre effectif et de vos contrats.

La réduction générale dégressive unique (RGDU)

Depuis le 1er janvier 2026, la réduction générale dégressive unique remplace l'ancienne réduction Fillon. Elle s'applique jusqu'à 3 SMIC. Le coefficient maximal est de 0,3981 pour les entreprises de moins de 50 salariés. Pour les entreprises affiliées à une caisse de congés payés, la réduction est majorée par un coefficient de 100/90. Conséquence pratique : sur un salaire proche du SMIC, les charges patronales nettes (hors caisse de congés) tombent à un niveau faible. Sur un chef d'équipe bien payé, elles remontent nettement.

À retenir : n'appliquez pas un « 45 % de charges » forfaitaire. Demandez à votre gestionnaire de paie le coût employeur annuel réel de chaque salarié, caisse de congés comprise. Les taux utilisés dans les exemples ci-dessous sont des hypothèses, à remplacer par vos chiffres.

Les frais de personnel hors cotisations

Ajoutez les indemnités de petits déplacements (repas, trajet, transport, selon les barèmes régionaux), les EPI et vêtements de travail, la médecine du travail et, le cas échéant, les grands déplacements.

3. Le déboursé horaire de main-d'œuvre

Le déboursé horaire est le coût complet d'une heure de main-d'œuvre facturable, avant frais généraux et marge :

Déboursé horaire = (salaire brut annuel + charges patronales + cotisation caisse de congés + intempéries et OPPBTP + indemnités de déplacement + autres frais de personnel) ÷ heures facturables

C'est ce chiffre qui alimente vos sous-détails de prix : si un poste demande 0,45 heure par m², son coût de main-d'œuvre est 0,45 × déboursé horaire. C'est aussi la base de calcul du coefficient de vente, détaillé dans notre article sur le coefficient de vente et la marge.

4. Frais de chantier, frais généraux et marge

Les frais de chantier

Les frais de chantier sont les dépenses liées à un chantier précis : installation, benne, protections, location de nacelle ou d'échafaudage, branchements provisoires, nettoyage de fin de chantier. Mieux vaut les chiffrer chantier par chantier, dans un poste dédié du devis, plutôt que de les noyer dans le taux horaire.

Les frais généraux

Les frais généraux sont les dépenses de structure, que vous payez même sans chantier en cours :

  • véhicules (location, carburant, entretien, assurance) ;
  • assurances responsabilité civile et décennale ;
  • loyer du dépôt ou du bureau, énergie ;
  • expert-comptable, banque, logiciels, téléphone ;
  • petit outillage et amortissement du matériel ;
  • publicité, site internet ;
  • salaire et charges du personnel non productif (secrétariat) et part non productive du dirigeant.

Prenez le total de l'année passée dans votre compte de résultat, ajustez-le de ce qui change cette année, puis répartissez-le sur les heures facturables de toute l'équipe productive.

La marge

La marge (bénéfice et aléas) finance les investissements et absorbe les imprévus. Elle se calcule sur le prix de vente, pas sur le coût. C'est la différence entre taux de marge et taux de marque, expliquée en détail dans notre article sur le coefficient de vente.

Taux de vente horaire HT = (déboursé horaire + frais généraux par heure) ÷ (1 − taux de marge sur prix de vente)

5. Exemple complet n° 1 : un compagnon salarié

Hypothèses de l'exemple : une entreprise de plâtrerie-isolation de 3 compagnons et un dirigeant, moins de 50 salariés, second œuvre. Le compagnon est classé niveau III position 1, à 14,50 € brut de l'heure, 35 heures par semaine. Le calendrier est celui de la partie 1 : 1 533 heures de présence et 1 380 heures facturables.

Étape 1 : le salaire brut annuel

Élément Calcul Montant
Heures de présence 1 533 h × 14,50 € 22 228,50 €
Jours fériés payés 63 h × 14,50 € 913,50 €
Indemnités intempéries avancées 35 h × 14,50 € × 75 % 380,62 €
Brut annuel retenu 23 522,62 €

Le calcul des intempéries est volontairement simplifié (heure de carence et remboursement de la caisse non déduits). Il reste prudent.

Étape 2 : le coût employeur

Élément Hypothèse Montant
Charges patronales nettes de RGDU (hors caisse de congés) 25 % du brut (hypothèse) 5 880,66 €
Cotisation caisse de congés payés 20,20 % 4 751,57 €
OPPBTP 0,11 % × 1,1314 29,27 €
Intempéries Masse salariale sous l'abattement 0,00 €
Indemnités de petits déplacements 219 jours × 10 € (à adapter au barème régional) 2 190,00 €
EPI, vêtements, médecine du travail, formation Forfait 1 200,00 €
Coût annuel total du compagnon 37 574,13 €

Le taux de 25 % de charges patronales nettes est une hypothèse plausible pour un salaire d'environ 1,2 SMIC après RGDU, prévoyance et formation comprises. Remplacez-le par le coût réel issu de votre paie. Dans cet exemple, la masse salariale de l'entreprise (environ 70 000 €) reste sous l'abattement intempéries de 96 168 € : elle ne cotise pas, mais elle ne serait pas remboursée en cas d'arrêt. Une entreprise de gros œuvre plus importante, elle, cotiserait au taux de 0,68 %.

Étape 3 : le déboursé horaire

37 574,13 € ÷ 1 380 h facturables = 27,23 € par heure facturable

Pour comparaison, si l'on divisait par les 1 596 heures payées (présence + fériés), on trouverait 23,54 €. L'écart, près de 3,70 € par heure, représente à lui seul plus de 5 000 € par an et par compagnon.

Étape 4 : les frais généraux par heure

L'entreprise supporte 72 000 € de frais généraux par an : 3 véhicules, assurances, dépôt, comptable, logiciels et rémunération du dirigeant pour la part de son temps consacrée à la gestion. Les heures facturables de l'équipe s'élèvent à 3 × 1 380 = 4 140 heures.

72 000 € ÷ 4 140 h = 17,39 € par heure

Étape 5 : la marge et le taux de vente

L'entreprise vise 8 % de bénéfice et d'aléas sur le prix de vente.

(27,23 € + 17,39 €) ÷ (1 − 0,08) = 44,62 € ÷ 0,92 = 48,50 € HT de l'heure

Récapitulatif

Étape Résultat
Heures facturables par compagnon 1 380 h
Coût annuel complet 37 574,13 €
Déboursé horaire 27,23 €
Frais généraux par heure 17,39 €
Prix de revient horaire 44,62 €
Bénéfice et aléas (8 % du prix) 3,88 €
Taux horaire de vente HT 48,50 €

Ce taux ne comprend ni les fournitures ni les frais de chantier. Ceux-ci s'ajoutent dans le devis avec leur propre coefficient.

6. Exemple complet n° 2 : le chef d'entreprise seul

Un artisan seul ne paie pas de caisse de congés pour lui-même, mais il cumule tous les rôles : il produit, il vend, il gère. Sa marge de sécurité est faible : s'il tombe malade, plus rien ne rentre.

Étape 1 : les heures facturables

Poste Valeur
Jours travaillés (261 − 9 fériés − 25 congés − 5 intempéries − 3 absences) 219 jours
Présence à 8 h par jour 1 752 h
Devis, métrés, appels d'offres, gestion, commandes (25 %) − 438 h
Trajets et approvisionnement non facturés (8 %) − 140 h
Heures facturables 1 174 h

Étape 2 : ce que l'activité doit couvrir

Poste annuel Montant
Revenu net visé par le dirigeant 30 000 €
Cotisations sociales personnelles (hypothèse, à faire chiffrer par votre expert-comptable) 13 500 €
Véhicule utilitaire (location, carburant, entretien, assurance) 7 000 €
Assurances RC et décennale 4 500 €
Expert-comptable et banque 2 400 €
Téléphone, logiciels 1 500 €
Local ou stockage 3 600 €
Petit outillage, amortissement du matériel 2 500 €
Divers (publicité, formation, cotisations professionnelles) 1 500 €
Total à couvrir 66 500 €

Les cotisations sociales d'un dirigeant varient beaucoup selon le statut (entreprise individuelle, gérant majoritaire de SARL, président de SAS) et le niveau de revenu. Pour un travailleur indépendant, quelques repères officiels 2026 : un plafond annuel de la Sécurité sociale de 48 060 €, un taux de retraite de base de 17,87 % jusqu'à ce plafond et une CSG-CRDS de 9,70 %. Depuis la réforme de l'assiette sociale, un abattement forfaitaire de 26 % s'applique au calcul. Faites chiffrer votre propre cas.

Étape 3 : le taux horaire

66 500 € ÷ 1 174 h = 56,64 € de prix de revient horaire

56,64 € ÷ (1 − 0,08) = 61,57 € HT de l'heure, arrondi à 62 €

Ce taux est logique : l'artisan seul répartit ses frais fixes et sa propre rémunération sur peu d'heures. S'il facturait 45 € de l'heure, il encaisserait 52 830 € au lieu de 66 500 € : il lui manquerait près de 14 000 € par an, pris directement sur son revenu, qui tomberait à la moitié de l'objectif.

7. Le taux horaire selon la qualification

En reprenant les hypothèses de l'exemple n° 1 (calendrier, indemnités, frais généraux de 17,39 € par heure, marge de 8 %), voici l'effet de la qualification. Les taux bruts horaires sont fictifs : remplacez-les par ceux de votre grille régionale. Le taux de charges patronales augmente avec le salaire, car l'effet de la RGDU diminue.

Niveau (coefficient) Brut horaire (exemple) Charges patronales nettes (hypothèse) Déboursé horaire Taux de vente HT
N I P1 (150), ouvrier d'exécution 12,40 € 12 % 21,75 € 42,54 €
N I P2 (170), ouvrier d'exécution 12,80 € 14 % 22,67 € 43,54 €
N II (185), ouvrier professionnel 13,40 € 18 % 24,25 € 45,26 €
N III P1 (210), compagnon professionnel 14,50 € 25 % 27,23 € 48,50 €
N III P2 (230), compagnon professionnel 15,60 € 28 % 29,66 € 51,14 €
N IV P1 (250), maître ouvrier ou chef d'équipe 17,00 € 32 % 32,90 € 54,66 €
N IV P2 (270), maître ouvrier ou chef d'équipe 18,50 € 36 % 36,45 € 58,53 €

Entre l'ouvrier d'exécution et le chef d'équipe, le déboursé horaire augmente de 68 %, mais le taux de vente de 38 % seulement, car les frais généraux par heure restent les mêmes. Si vous affichez un taux unique, il doit correspondre au déboursé moyen de l'équipe réellement envoyée sur le chantier.

Les repères de la bibliothèque Devimo

La bibliothèque de prix Devimo 2026 (version 2026-v3, 7 123 ouvrages) calcule chaque prix unitaire en sous-détail à partir de taux horaires par qualification. Ce sont des taux de déboursé chargé, en référence nationale (zone 1,00) : le coût d'une heure de main-d'œuvre avant frais de chantier, frais généraux, aléas et marge. Le coefficient K s'applique ensuite : K = (1 + 5 % de frais de chantier + 14 % de frais généraux + 3 % d'aléas) ÷ (1 − 10 % de marge) = 1,22 ÷ 0,90, soit 1,3556.

Qualification Déboursé chargé (€/h) Équivalent vendu HT, zone 1,00 (× 1,3556) Équivalent vendu HT, Rhône (zone 1,04)
Manœuvre 29,00 39,31 40,88
Compagnon professionnel 37,00 50,16 52,16
Chef d'équipe 44,00 59,64 62,03
Chef de chantier 52,00 70,49 73,31
Maçon 36,00 48,80 50,75
Façadier ITE 36,00 48,80 50,75
Enduiseur / ravaleur 35,00 47,44 49,34
Plaquiste 35,00 47,44 49,34
Peintre 34,00 46,09 47,93
Carreleur 37,00 50,16 52,16
Plombier 39,00 52,87 54,98
Électricien 39,00 52,87 54,98
Couvreur-zingueur 38,00 51,51 53,57

Les montants vendus sont calculés avec K = 1,22 ÷ 0,90 non arrondi, puis arrondis au centime. Exemple : un façadier ITE à 36 € de l'heure en déboursé revient à environ 48,80 € HT de l'heure vendue en zone 1,00.

Mis en regard de ces repères, l'exemple n° 1 tient la route : le compagnon plaquiste vendu 48,50 € HT est très proche des 47,44 € du plaquiste de la bibliothèque. La répartition diffère toutefois : la bibliothèque retient un déboursé plus élevé (35 € contre 27,23 €) et un coefficient plus faible (1,3556 contre 48,50 ÷ 27,23, soit environ 1,78), parce que l'article affecte au taux horaire des frais généraux par heure (17,39 €) au lieu de les répartir en pourcentage sur l'ensemble du déboursé, fournitures comprises. Seule la cohérence de votre propre méthode compte : si vous utilisez les prix de la bibliothèque, remplacez ses taux par votre déboursé horaire et ses pourcentages par les vôtres.

8. Les erreurs fréquentes

  1. Diviser par 1 607 heures. C'est l'erreur la plus coûteuse. Vos salariés sont payés sur la durée légale, mais vous ne facturez que les heures passées sur le chantier.
  2. Oublier la caisse de congés payés. Environ 20 % du brut part chaque mois à la CIBTP. Un taux horaire calculé avec des charges « standard » sous-estime le coût d'un ouvrier du bâtiment.
  3. Appliquer un taux de charges forfaitaire. Avec la RGDU, le coût réel varie fortement selon le salaire. Le même pourcentage ne peut pas convenir à un apprenti et à un chef d'équipe.
  4. Ne pas payer le dirigeant. Un artisan qui ne compte pas son propre salaire dans ses frais vend en réalité à prix coûtant.
  5. Mettre les frais de chantier dans le taux horaire. Une benne ou un échafaudage se chiffrent au chantier. Les inclure dans le taux horaire vous rend trop cher sur les petites interventions et trop bon marché sur les gros chantiers.
  6. Calculer la marge sur le coût au lieu du prix. Ajouter 10 % au coût donne 9,1 % de marge réelle sur le prix de vente.
  7. Ne jamais réviser le calcul. Le SMIC a été revalorisé deux fois depuis début 2026 (janvier, puis juin), les taux AT changent chaque année et l'abattement intempéries aussi. Un taux de 2024 n'est plus le bon.
  8. Ne pas comparer avec le réalisé. Si un chantier de 120 heures en prend 140, c'est le temps unitaire qui est faux, pas le taux horaire.

Dans les marchés publics, un taux trop bas peut rendre l'offre anormalement basse : un sous-détail bâti sur un déboursé horaire documenté vous permet de la justifier (voir DPGF ou BPU).

Comment Devimo vous aide

Devimo chiffre vos devis poste par poste à partir d'une bibliothèque de prix 2026 en sous-détail : chaque ouvrage décompose les temps de main-d'œuvre, les fournitures et le matériel. Vous pouvez y saisir votre propre déboursé horaire et vos coefficients. Les prix unitaires sont alors recalculés sur vos coûts réels, et non sur une moyenne nationale. Le même chiffrage sert ensuite à préparer un DPGF ou un BPU pour un appel d'offres et à émettre vos factures au format Factur-X. Pour tester le chiffrage en mode professionnel : créer un devis avec Devimo.

Questions fréquentes

Quel est le taux horaire moyen d'un artisan du bâtiment en 2026 ?

Il n'existe pas de taux officiel. Avec les hypothèses de cet article, un compagnon salarié se vend autour de 45 à 55 € HT de l'heure, et un artisan seul plutôt autour de 55 à 65 € HT, hors fournitures. Ces fourchettes varient fortement selon la région, le métier et la structure. Seul votre propre calcul compte.

Combien d'heures facturables compter par an pour un ouvrier du BTP ?

Partez des 261 jours ouvrés de 2026. Retirez 9 jours fériés en semaine, 25 jours de congés, vos jours moyens d'intempéries et d'absence, puis 8 à 12 % de temps non facturable. On arrive souvent entre 1 300 et 1 400 heures pour un salarié à 35 heures.

Comment intégrer la caisse de congés payés dans le taux horaire ?

Ajoutez la cotisation CIBTP (environ 20 % des salaires bruts en 2026, selon votre caisse régionale) au coût employeur, et retirez les 25 jours de congés des heures travaillées. Ne comptez pas l'indemnité de congés dans le brut : c'est la caisse qui la verse au salarié.

Faut-il inclure les intempéries dans le calcul ?

Oui, de deux façons : en retirant vos jours moyens d'arrêt des heures facturables, et en ajoutant la cotisation (0,68 % en gros œuvre, 0,13 % en second œuvre en 2026-2027) si votre masse salariale dépasse l'abattement de 96 168 €. Le coût des indemnités non remboursées s'ajoute aussi.

Quelle différence entre déboursé horaire et taux horaire de vente ?

Le déboursé horaire est le coût complet d'une heure de main-d'œuvre facturable : salaire, charges et frais de personnel. Le taux de vente y ajoute les frais généraux de l'entreprise et la marge. Dans l'exemple de cet article, on passe de 27,23 € à 48,50 € HT.

À quelle fréquence recalculer son taux horaire ?

Au moins une fois par an, à la clôture de l'exercice, et à chaque changement important : revalorisation du SMIC ou des minima conventionnels, nouveaux taux de cotisations, embauche, nouveau véhicule ou nouveau local.

Pour aller plus loin

Sources

Article à jour au 28 octobre 2026. Les informations réglementaires et fiscales sont données à titre indicatif : les textes officiels (Légifrance, BOFiP, service-public.fr) font foi, et les prix cités sont des prix de référence hors taxes, à adapter à chaque chantier.

À lire aussi